25 juillet 2024

TSHOPO KWETU

L'autre face de la Tshopo

Des « Shugar daddy » sur le Campus Central de l’Unikis, une réalité

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Les heures des enseignements au niveau supérieur sont segmentées de façon qu’à midi, la grande pause intervienne jusqu’à à 14h. A ma grande surprise, mon passage à l’université m’a fait découvrir de nombreuses habitudes : hypocrisie, incivilité, duplicité, violence, probité, …

Ce campus central de l’université de Kisangani est tout un monde à part. Les jeunes filles qui le fréquentent y sont parfois actrices des spectacles. Et certains hommes préfèrent y passer leur temps de repos.

Des rencontres déréglées

Le vieux MOPAO( nom d’emprunt), père de famille, travaille dans une entreprise au cœur de la ville. Mais, à chaque midi, il est sur le Campus. Du haut de ses 46 ans, Shaumba est son endroit adoré où il passent ses pauses près des étudiants avec qui il a noué des relations amicales..

Il a un bon travail non loin de la poste. C’est un bel homme à la barbe blanchâtre et au regard coquin. Ayant un ventre bedonnant, la nuque à deux plis de muscle, le vieux MOPAO accuse une apparence bien galante et nantie.

Autour de lui gravitent régulièrement des étudiants, après avoir répandu plus de dix têtes de bouteilles d’alcool sur la table. Cette amitié profite si bien aux étudiants qui le fréquentent que ceux-ci, en retour, lui ciblent de jeunes filles ( faciles ) pour les lui amener là-bas ou ailleurs.

Il en est tellement devenu accroc qu’il ne peut plus passer une semaine sans venir à ce lieu de divertissement.

Le midi du scandale

Sous le soleil ardent d’un samedi, le vieux MOPAO se trouve piégé dans un scandale à nul autre pareil. Deux de ses maîtresses, l’une de L1 LMD et l’autre de L2 ancien système, s’échangent des propos irrévérencieux. Dans cette ambiance, elles tentent d’en venir aux mains malgré les efforts de dissuasion que fournissent quelques étudiants.

En un clein d’oeil, la ville est devenue petite. Voici que l’épouse de MOPAO, prévenue par je ne sais qui, fait irruption sur le Campus et tonne horriblement sur son mari. Il n’a suffi que d’une seule phrase pour que MOPAO se taise :

« aujourd’hui, nous verrons où tu passeras la nuit et même le mois prochain, nous verrons comment tu percevras ton salaire ».

Monsieur MOPAO a pu fondre en supplications, mais en vain. Sa femme a décidé.

Deux jours plus, tard, le vieux MOPAO n’a plus de boulot ni de voiture. Ce n’est que maintenant que je viens d’apprendre que la femme a tout donné à son mari, y compris le travail, mais elle a récolté non seulement de l’ingratitude, mais surtout de l’infidélité.

Pour une masculinité positive, la fidélité, le respect de soi, la retenue sont un profil parfait. Protégeons notre réputation.

 

Richard AUKUMWANA

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