À Kisangani, la jeunesse a répondu massivement à l’appel de la commémoration du Genocost, organisée le 2 août 2026 au rond-point du Canon. Des centaines de participants se sont rassemblés pour une marche aux bougies en hommage aux victimes des violences perpétrées dans l’est de la RDC.
Avant cette soirée, plusieurs activités ont été organisées à l’hôtel de ville de Kisangani, notamment des allocutions des autorités politiques, militaires et policières, ainsi que des victimes des différentes guerres et de la société civile.
Sarah Bafe participe pour la première fois à cette cérémonie. Comme de nombreux participants, vêtue de noir, elle a marché, une bougie à la main, du rond-point du Canon jusqu’à la place des Martyrs.
« J’apporte ma voix aujourd’hui pour que justice soit rendue. Avec un cœur sincère, je viens rendre hommage à toutes les victimes : nos frères, nos sœurs, les enfants, les bébés, les personnes traumatisées par ce génocide, et plus particulièrement aux femmes victimes de violences sexuelles, dont on parle encore trop peu », témoigne-t-elle.
Âgée de 21 ans, Christelle Munyuka brandit une pancarte sur laquelle est inscrit : « Choisissons la paix, jamais la haine. » Elle salue cette initiative qu’elle juge essentielle pour la jeunesse.
« Notre génération connaît ces événements à travers les récits. L’histoire nous permet de comprendre ce qui s’est passé. J’espère que cette initiative se poursuivra afin d’éduquer les générations futures », affirme-t-elle.
Comme de nombreux participants, Sarah Bafe et Christelle Munyuka ont signé la pétition du FONAREV réclamant la reconnaissance du génocide congolais, la poursuite des auteurs des crimes et des réparations en faveur des victimes.
Dans son intervention, le vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo, a appelé les jeunes à s’approprier le combat pour la reconnaissance du Genocost. Il les a également invités à signer massivement la pétition nationale.
« Nous voulons montrer à la communauté internationale que notre pays doit demeurer un et indivisible, que nous aimons notre patrie et que nous refusons qu’elle soit encore le théâtre de massacres, de pillages ou de violences sexuelles », a-t-il déclaré.
Depuis plus de trente ans, l’est de la RDC est plongé dans un cycle de violences. Des centaines de personnes y perdent encore la vie et de graves violations des droits humains continuent d’être documentées. Dans plusieurs autres villes du pays, la commémoration du 2 août a également été marquée par des rassemblements et des appels à la paix, à la justice et à la fin de l’impunité.
